À petit feu
Dans l'ombre douce où le silence danse,
S'éveille une douleur, une étrange essence,
Chaque jour se lève, terni par la brume,
Un cœur qui s'effrite, un esprit qui s'allume.
Les mots murmurés, comme des feux de paille,
Se consument lentement, dans l'ombre du détail,
L'amour s'évanouit, tel un souffle léger,
Et le regard se perd, dans un abîme figé.
Les promesses d'hier, comme des feuilles mortes,
S'envolent dans le vent, à la dérive, elles sortent,
Les rires s'estompent, comme un souvenir flou,
Dans ce vide immense, où l'on se sent à bout.
Une larme à la fois, la tristesse s'invite,
Elle ronge les entrailles, elle devient une suite,
Chaque geste banal, chaque sourire en vain,
Nous rappelle ces jours où l'on se tenait bien.
Les souvenirs brûlants, comme des braises cachées,
Réchauffent un cœur qui ne sait plus aimer,
Les regards furtifs, les silences pesants,
Teintent notre quotidien de couleurs du néant.
On se lève le matin, avec le poids des heures,
On porte un masque lourd, une façade en pleurs,
Les rires des autres, comme une mélodie,
Résonnent à l'extérieur, mais en nous, c'est l’oubli.
Une caresse manquée, un mot qui s'évapore,
La tendresse s'éteint, et l'âme se dévore,
Chaque geste négligé, chaque mot sans élan,
Rend le cœur plus froid, comme un hiver pesant.
Les rêves s’éclipsent, les espoirs s’effritent,
Comme une neige fondue, en silence, elle vite,
Et le soir se pose, lourd comme un linceul,
Sur les pensées sombres, mélange de fiel et de miel.
Les étoiles s'éteignent, dans un ciel de tristesse,
Les souvenirs vibrants dansent avec la faiblesse,
Un souffle de regret, un soupir de chagrin,
Nous rappellent que vivre est un chemin incertain.
On porte en nous les blessures invisibles,
Des cicatrices profondes, des souvenirs horribles,
Chaque geste amical, chaque main tendue,
Rappelle ce qu’on était, avant d’être perdu.
Dans le dédale du cœur, où l'écho se perd,
Les rêves se consument, et la joie se terre,
Mais parfois, une lueur, au détour d'un regard,
Peut raviver la flamme, éclairer le brouillard.
Il est des éclats, comme une pluie d'étoiles,
Des moments suspendus, des instants qui dévoilent,
Que même dans l'obscur, une lueur persiste,
Et que l'espoir murmure, même s'il résiste.
Ainsi, à petit feu, nous vivons ce drame,
Un suicide affectif, où se mêlent les flammes,
Mais gardons en mémoire, dans la nuit qui s'étend,
Que la vie, malgré tout, peut être un présent.
Car au-delà des peines, des douleurs enfouies,
Il existe des chemins, des promesses d'une vie,
Un souffle de lumière, un amour à redécouvrir,
Peut raviver en nous l'envie de chérir.
Alors, même à petit feu, la flamme peut danser,
Malgré les ravages, le cœur peut avancer,
Et dans ce voyage, parfois incertain,
Renaître des cendres, embrasser demain.
© Solitudeman
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