L'esprit en dérive
Dans l’ombre des pensées, l’esprit s’efface,
Évanouissant ses rêves dans une douce disgrâce.
Les méandres du cerveau, un labyrinthe en déroute,
Accueillent le silence d’une vie en dévote.
Les forces s'éclipsent, telles ombres fugaces,
Le corps, jadis fort, se plie sous les menaces.
Chaque muscle se tend, puis se relâche,
Comme la mer en tempête qui doucement se fâche.
La volonté, spectre, glisse entre mes doigts,
Elle se dérobe, lassée des combats,
Des mots résonnent, mais le sens s'effrite,
Un murmure lointain que la brise invite.
Souvenirs en flammes, liquides et fuyants,
Se transforment en cendres, se perdent dans le vent.
Un passé nourri, brûlé par le temps,
Se dérobe au regard, s’échappe lentement.
Les rires d’enfance, échos d’un doux matin,
Se changent en soupirs, en chuchotements vains.
Chaque instant vécu, au creux de ma mémoire,
S’effrite comme du verre, perd son histoire.
Mon corps, une marionnette, sans fil, sans éclat,
Se débat dans l’ombre, comme un bateau à quai,
Les vagues de la vie, les tempêtes du cœur,
Érodent mes rivages, consument ma ferveur.
L’esprit s'égare, tel un oiseau blessé,
Dans un ciel de promesses qui ne peuvent éclore,
Il crie en silence, dans un souffle voilé,
Un chant d’adieu, que l'univers décore.
Les forces se retirent, l’aube se fait tardive,
La lumière semble fuir, l’ombre se fait vive.
Le corps s'amoindrit, se plie, se brise,
Sous le poids des souvenirs, des rêves en frise.
Je scrute l’horizon, mais le temps s’embrouille,
Les images s'estompent, comme un reflet qui fouille.
Chaque geste, un effort, chaque mot, un combat,
L’esprit s’épuise, se perd dans le trépas.
L’esprit qui quitte, ce sanctuaire de chair,
Emporte avec lui mes joies, mes prières.
Il danse en silence, sur le fil de l'oubli,
Tandis que le corps s'effondre, se meurt en dépit.
Et dans ce crépuscule où l’âme se dissolve,
Les souvenirs brûlent, mais ne se résolvent.
Ils glissent comme du sable entre mes mains tremblantes,
Dévoilant l'absence, une souffrance vibrante.
Les échos du passé résonnent en moi,
Flottent comme des ombres, m’enveloppent de froid.
Je cherche une lueur, une étoile, une voie,
Mais l’obscurité m’appelle, me prend dans ses bras.
Alors je laisse l’esprit s'évaporer,
Comme la brume du matin, doucement effacée.
Les forces qui m’ont porté, se retirent en pleurs,
Ne laissant que l’écho d’une vie en couleurs.
Peut-être qu’un jour, dans ce néant crépusculaire,
Je retrouverai un souffle, une étincelle à faire.
Mais pour l’instant, je marche sur cette ligne fine,
Entre l’ombre et la lumière, entre le cœur et la ruine.
Ainsi s’achève ce voyage, ce bal sans fin,
Où l’esprit s’échappe, où l’âme se sent vaine.
Les souvenirs, ces feux, ne brûlent plus en vain,
Mais se liquéfient en larmes, en rêves que l’on traîne.
L’esprit qui quitte, le corps qui abandonne,
La volonté s'efface, tandis que le cœur frissonne.
Et dans cette danse, où tout doit se taire,
Je laisse la vie s'éclipser, légère comme l’air.
© Solitudeman
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